Recensements : Prise de noms par les sujets suivant le culte hébraïque 1808 (AD90) 1E 49
Années : 1808
Description :

Un décret napoléonien du 20 juillet 1808 ordonne :"... que ceux des sujets de notre Empire qui suivent le culte hébraïque et qui, jusqu'à présent, n'ont pas eu de nom de famille ou de prénoms fixes seront tenus d'en adopter dans les trois mois (...) et d'en faire la déclaration par devant l'officier de l'état-civil de la commune où ils sont domiciliés."

Le dénombrement de 1784 recensait 3918 familles juives en Alsace. Dans l'actuel Territoire de Belfort, on comptait 2 communautés juives : Belfort avec 246 individus en 1808 et Foussemagne, avec 177 ; plus 2 familles à Roppe.

Entité(s) concernée(s) :
Dépouillement :
Cette archive est entièrement dépouillée ; lisa en a réalisé le dépouillement.
individus ont été relevés dans actes.
Ce dépouillement est en ligne sous le titre "juifs Foussemagne".
Détails (non exhaustifs) :
Foussemagne

Le décret impérial portant sur l'adoption d'un prénom et d'un "nom de famille" par les français de culte hébraïque a été appliqué à Foussemagne entre le 2 et le 14 novembre 1808.

Une erreur de procédure rend le document qui en est issu particulièrement intéressant : en effet, l'officier d'état-civil a autorisé les déclarants (individus majeurs) à signer comme il le voulaient, ce qui fait que tous les hommes (sauf un) ont paraphé de leur nom en caractère hébraïque.
Cette signature n'a pas été validée par les autorités préfectorales, si bien que les individus concernés ont dû se présenter une seconde fois (en janvier 1809) pour produire une signature différente. Comme ils étaient incapables d'écrire en caractères romains, ils ont produit une vague marque sans le moindre intérêt.

Contrairement aux déclarants de Belfort, ceux de Foussemagne effectuent quelques changements patronymiques. Ils concernent essentiellement les enfants mineurs, qui pouvaient avoir reçu comme "patronyme" le prénom de leur père.
Comme, en France, les enfants légitimes portent le patronyme de leur père, la correction est faite au moment de cette déclaration.

Par exemple, (21) Meyer Lhémann a pour fille Quittele Meyer ; après la déclaration, le père change de prénom pour s'appeler François LHÉMANN et la fille change de nom et de prénom pour s'appeler Ursule LHÉMANN.

Dans quelques cas, les adultes changent de nom :
- des femmes : Thérèse Meyer devient Thérèse LÉMANN (30) ; Minguele Yssaac devient Magdelaine SPIRA (156) ; Trinée Moyse devient Anastase MARTIN ; s'agit-il d'un choix correspondant à la modification d'état-civil de leur père ?.
- un homme (62) : Jacob Habraam devient Jacob MARTIN.

Les changements de prénoms sont plus nombreux.
Tout porte à croire que certains prénoms n'étaient pas les souhaités ou pas acceptés par l'officier d'état-civil.
Il s'agit d'abord de tous les prénoms à consonnance yiddish :
- (masculins) Cerf, Quiche, Lhémann, Cheye ou Cheyas, Lyon, Hiche, Lipmann, Polach, Feysse,
- (féminins, très variés et probablement souvent déformés) Tsipre, Foyle (ou Fogle?), Cerlé ou Serle, Malen, Fromet, Trinée, Quittele, Leye, Jutelet ou Jetele, Printelet, Hindelet ou Hintelé, Raffe, Treyen, Contel, Reytselé, Cheyne ou Cheynele, Queylé, Elle, Reyelé, Pleinelé, Serette, Yohfely, Athel, Eque, Eftrelé (?), Minguele, Riffecat, Keyle, Attelle.
Mais aussi de certains prénoms bibliques :
- (masculins) Meyer, Baruch, Samuel, Elias, Natom (Nathan),
- (féminins) Judas, Estrelé (Esther), Lazara.