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la Beniesson de Valdieu (AD90) 19 B 1-151)

par LISA

Le 21 novembre 1656, deux acteurs institutionnels, la seigneurie, par l'intermédiaire de son procureur, et l'abbaye des jésuites de Valdieu (1), par l'intermédiaire de Mory Blondel maire de Valdieu, réclament paiement d'amendes "faites à la beniesson dernière passée à Valdieu" à 2 particuliers : Jaque Viatte de Chavannatte et Hanss Thiebaldt, fils du "chauffouttier" de Mempe. Les juges confirment simplement qu'il y a 10£ d'amendes (en tout, ou individuellement ?).

3 mots présentent une difficulté :

·         "beniesson" : "bénédiction, fête paroissiale" (2).

·         Mempe est connu pour être une forme "welsche" (romane) de Manspach (68)

·         "chauffouttier" est incorrect : il s'agit probablement d'un équivalent à chauffournier (d'ailleurs plus loin on trouvera chauffenier) : artisan fabriquant du charbon de bois dans un four à chaux.

Cette affaire ne se traduit pas par un important procès, mais donne lieu à de nombreuses actions se prolongeant sur 3 mois.

A la même audience, pour les mêmes faits, un 3ème individu : Pash Pernet, est condamné à 10£ d'amende ; et cette fois, le motif est clairement fourni : il a dansé "sous un violon particulier" !
Il est également précisé que Viatte doit "applaiger" (=cautionner) son amende de 10£.
Plus loin, les autorités disent que Pernet "doit accuser les autres qu'ont dansé avec lui".

 

A l'audience suivante (28 décembre), l'affaire reprend :

Le procureur poursuit à nouveau "Hanss Dieboldt fils du chauffenir de Mempe" ; les juges lui répondent qu'il ne doit y avoir que 10£ d'amende.

Peu après c'est au tour de Viatte de réclamer que "Hanss Dieboldt le fils du chauffenier" paye ses 10£ d'amende.
On voit que ce n'est plus le grand amour entre les danseurs.

Puis le procureur revient à la charge, contre Pash Pernet pour lui demander de "déposer et accuser ses compagnons".

Juste après, un 4ème accusé est identifié et condamné à 5£ d'amende : il s'agit d'un certain Hans Jacob, mais la précision qui suit "…mestre d'Aralle" nous échappe.

Puis c'est au tour du "jeune fils du chauffenier de Mempe" d'écoper de 5£. Il peut s'agir d'un frère cadet de Hanss Dieboldt.

 

On souffle un peu jusqu'au 23 janvier 1657.

Un 6ème danseur a été identifié : il s'agit de Claude Vuanat de St-Côme. Les juges l'exemptent néanmoins d'amende.

Mais ce n'est pas terminé : à la même audience, "Pash le Ruer" (peut-être le ruehier, i. e. le cantonnier) accuse Vuanat, son fils et le petit-fils de Jean Pierresson d'avoir "dansé chez le mercier de Valdieu" à la "beniesson" de Valdieu en 1656 (pas de réponse des juges). On est à présent à 8 accusés.

En toute logique, le 13 février, on se retourne contre le mercier : il s'agit d'Anthenat Febvre de Valdieu.

La dernière salve est tirée le 13 mars : Mory Blondel, le maire (3) de Valdieu nous indique d'abord que la "beniesson" a eu lieu le jour de la St Bartholomé (soit le 24 août, ou éventuellement le 11 novembre, ce qui correspondrait bien à la date de la première action) et que la défense de danser avait été faite. Il rapporte ensuite qu'Anthenat Febvre lui avait confessé qu'on avait "dansé dans sa maison, mais qu'il n'avait pu être maître de ces gens des danses" puis "qu'il pleuvait trop fort, qu'on ne devait pas (…) chasser un chien dehors ". Les juges, compréhensifs, exemptent Febvre.

En conclusion, on peut principalement noter que le pouvoir de l'église s'exprimait encore d'une manière particulièrement répressive. Et secondairement que, le peuple, lui, exprimait sans exclusive son besoin de distractions, où se mêlaient allègement les francophones et les germanophones.
On aimerait avoir une idée des musiques et des chansons qui résonnaient chez le mercier "du Vaudieu".

  1. Abbaye Notre-Dame de Valdieu : fondée vers 1250.
  2. Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande, E. Piguet, 1917 : "Parmi les fêtes patronales (Dédicaces) d'importance toute locale, il en est deux célèbres en Suisse romande : la Bénichon (bénédiction) fribourgeoise et la Saint-Martin ou Beniesson en Ajoie." Ici, on verra qu'il s'agit de la Saint Bartholomé.
  3. Le maire d'un village, pour un seigneur donné, est un fidèle officierdu seigneur, nommé par celui-ci. Il représente plutôt son maître dans la communauté que l'inverse.
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