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Métiers des hommes dans la montre d'armes de 1604 : 4B 201

par R. Billerey & LISA

Cet article fait suite à la présentation et à la transcription de la montre d'arme du bailliage de Belfort de 1604 (AD90 4B 201).
Après avoir évoqué la situation politique, les contingents et l'âge des recensés, puis les questions de langue et d'onomastique, nous nous penchons sur leurs métiers "civils" et leurs activités militaires.


1. Métiers des hommes, entre la paix et la guerre


Métiers de la paix

Le secrétaire chargé du registre de cette montre d'armes a pris soin d'indiquer la profession exercée par ces hommes 1391 fois ; parfois, il s'agit d'une adjonction, particulièrement repérable à certaines pages : l'encre en est plus noire, l'écriture plus hâtive, quoique de la même main.
Ces professions se répartissent entre 58 métiers différents, plus une dizaine de fonctions civiles et administratives.

Certains de ces métiers sont remarquables : on compte ainsi un orfèvre, 3 fondeurs d'étain, 6 couvreurs ou coupeurs de chaume, 3 fromagers, un meunier-boulanger, et même un maître d'école (Hanns Nobla, à Belfort)… Une absence notable : le travail des mines n'apparaît pas, bien que l'on rencontre à Lepuix ou à Giromagny de nombreux noms de familles de mineurs. Mais ceux-ci ne dépendaient que du prévôt des mines (par ordonnance de Ferdinand II, 1), et directement de la Régence ; ils étaient exemptés de service, comme du logement des gens de guerre : "Tout mineur, ouvrier, verweser, qui va à la montagne pour son travail est affranchi et a les mêmes privilèges et immunités que les princes" (2).

Le travail de la terre occupe évidemment la plus grosse part. On distingue le paursman, cultivateur, "laboureur" au sens du XVII°s, nous dirions : propriétaire exploitant ; le taglöhner, journalier, souvent plus pauvre, plus jeune, parfois fils de paursman en attendant de pouvoir s'établir ; l'indication Pflueg ou plus souvent halb(e) Pflueg signale un paysan qui possède un attelage ou seulement une demi-charrue, attelage qu'il partage avec un autre.
Paursman Taglöhner Pflueg halb(e) Pflueg


Ces travailleurs agricoles sont presque les seuls à exercer quelquefois un second métier, comme le feront plus tard les ouvriers-paysans : en gérant leur train de culture, certains sont aussi forgeron, meunier, boucher, tailleur, tisserand ; mais cela reste peu fréquent (34 cas sur 1391). On note aussi 4 marchands de bestiaux (dont 2 sont bouchers), et 4 bergers ; pour ceux-ci, la mention du métier, en marge, est importante car il doit être un motif d'exemption du service des armes, selon la coutume germanique (3).

La répartition des métiers produit les diagrammes suivants :


agriculture, élevage textiles cuir bois et bâtiment alimentation métaux administration commerce & transport divers
laboureur 533 tailleur 42 tanneur 38 maçon 13 boulanger 18 forgeron 25 maire 13 boutiquier, mercier 11 cordier 5
journalier 385 tisserand 34 cordonnier 31 charron 13 meunier 13 serrurier 8 huissier, messager 7 marchand d'étoffes 6 potier 5
berger, vacher 4 chaussetier 9 sellier 9 charpentier 9 boucher 11 potier d'étain 3 sous-maire 2 marchand de bestiaux 4 barbier 3
tisseur de laine 2 chapelier 4 menuisier 4 boulanger 5 maréchal-ferrant 1 garde des forêts 1 marchand d'épices 3 opérateur d'hernies 1
pelletier 2 bottier 3 coupeur de paille 3 fromager 3 forgeron 1 bailli 1 transporteur de vin 2
fripier 2 savetier 3 couvreur en paille 3 boulanger 1 orfèvre 1 secrétaire de la ville 1 portefaix 2
bonnetier 1 chamoiseur 1 tonnelier 3 meunier-boulanger 1 armurier 1 portier de la ville 1 transporteur 2
peintre 2 monteur d'armes 1 grand maire 1 charretier 1
tuilier 1 greffier de justice 1 marchand d'étoffes 1
vitrier, verrier 1 maître d'école 1 aubergiste 1
couvreur 1

A côté du secteur agricole se développe donc un autre pôle, celui de l'artisanat de transformation (métal, textiles, cuir), qui représente 16,9 % de l'activité.

Mais on observe de fortes disparités entre la campagne, encore presque uniquement consacrée à l'agriculture (ainsi Vescemont, Rougegoutte ou Pérouse), et la ville, où les métiers sont beaucoup plus variés :
À Belfort, sur 195 professions notées (49 différentes), on ne relève aucun paursman et seulement 12 personnes du monde agricole. Mais près des 2/3 de l'activité belfortaine reposent sur l'artisanat de transformation (124 sur 195) ; plus du quart des emplois régionaux dans l'alimentation, le textile ou le commerce, près de la moitié dans le bâtiment ou l'administration se trouvent à Belfort, et plus de la moitié des artisans du métal (21 sur 41). Avec 37 tanneurs et chamoiseur sur 39, la ville exerce même un quasi-monopole dans la préparation du cuir, et elle compte 25 cordonniers-bottiers sur 37. Ces observations prolongent assez bien les analyses de M. Bischoff pour le XV°s (4) sur la situation de la ville à cette époque, avant que la guerre ruine les tanneries.
Entre ces deux extrêmes, Giromagny occupe une position plus nuancée : si le quart de son activité est encore agricole (13 personnes, mais ce sont surtout des journaliers), elle en emploie deux fois plus dans l'artisanat de transformation, avec une nette prédominance pour les textiles : 4 tisserands, 11 marchands d'étoffes, tailleurs et chaussetiers (fabricants de chausses). Il faudrait leur ajouter l'activité minière, ici occultée.

Ainsi se dessine déjà le futur paysage économique de la région.

Métiers des armes

Nous avons vu (montre d'arme du bailliage de Belfort de 1604, AD90 4B 201) que les hommes sont classés par groupes en fonction de leur armement. Celui-ci n'est pas décrit, mais seulement nommé, et il faut se référer aux ouvrages d'histoire militaire pour y trouver plus de précisions.

Seuls quelques soldats d'élite utilisent l'espadon (Schlachtschwerdt, probablement identique au Biderhänder du XVI°s), une longue épée dentelée: c'est une arme terrible, mais si lourde qu'elle doit être maniée à deux mains, en tournoyant, et qu'elle exige une force peu commune.
Les autres double-solde sont armés d'une pique (Spieβ), et probablement d'une épée; ils combattent aussi au premier rang. Comme les précédents, ils portent une cuirasse (Rüstung 5), nécessaire dans les combats à l'arme blanche, ou une casaque de toile renforcée ou de cuir (texte de 1605), et sans doute un casque, visible sur les anciennes gravures.

Les mousquetaires (Musquetschützen), encore peu nombreux, sont équipés de la plus moderne des armes à feu : le mousquet. Ils n'ont pas l'agilité que leur prête Alexandre Dumas, car leur équipement est lourd : le mousquet pèse 7,5 kg, au point qu'on ne peut tirer qu'en soutenant le canon (de 1,40 m) par une fourquine piquée en terre, et en coinçant la crosse sous le bras. Le mousquetaire porte encore une poire ou des étuis à poudre, et un sac de balles en plomb de gros calibre (21 mm). Pas de cuirasse, trop encombrante et trop pesante, ni de casque – mais un chapeau dont les larges bords protègent le visage des étincelles dues à l'explosion de la charge.

Les arquebusiers (Hackhenschützen) qui portent encore un casque (Sturmhaube, morion, littéralement "casque d'assaut" ; celui que le document de 1605 appelle "morillion de charges" pour Peter Schultheÿss), ont une arme offensive un peu plus ancienne, que le mousquet remplace peu à peu. L'arquebuse est en effet plus légère, certes, mais de plus petit calibre et moins "efficace".

Ces deux armes à feu, à canon lisse, n'ont qu'une portée limitée (200 à 250 m), ce qui ne laisse guère le temps de recharger avant l'arrivée de l'ennemi. Dans la fumée du tir, mousquetaires et arquebusiers doivent donc rapidement se replier derrière les piquiers, qui sont indispensables au combat. Il y a d'ailleurs exactement le même nombre (597) d'arquebusiers que de piquiers (double-solde et Knechten).

Enfin la piétaille, formée de "fantassins sans spécialité" (Blose Knechten), a un armement plus hétéroclite : de longues piques surtout, mais aussi des sortes d'épieux (Federspieβ, Knobelspieβ), des hallebardes (Hellebarth) comme les double-solde, des pertuisanes, des haches; mais l'épithète bloβ (littéralement "nu") peut signifier aussi que ces hommes ne portent pas de cuirasse. Les hommes devaient fournir eux-mêmes leur armement, et ceux-ci n'ont sans doute pas les moyens de se payer de coûteuses armes à feu ou un meilleur équipement, quoique le registre indique parfois "ein Rüsstung befohlen", peut-être parce qu'on les jugeait capables de faire un effort …

Schlachtschwerdt Spieβen Rüstung Sturmhaube Federspieβ Hellebarth bloβe (Knechten)

On trouvera quelques représentations de ces armes dans l'article qui avait servi de présentation à l'indexation de l'archive : Montre d'armes à la fin de la période autrichienne dans le comté de Belfort

L'armement permet donc d'entrevoir un peu la technique du combat, et l'analyse du registre révèle la stratégie.

Comparons en effet le statut des hommes inscrits et de ceux qui ont été convoqués (tableau 1) :
Schlachtsch. Doppels Musquetsch. Hackhensch. Knechten Total
inscrits 18 227 174 597 357 1373
% des inscrits 1,3 16,5 12,7 43,5 26
convoqués 13 94 73 206 63 449
% convoqués 2,9 21 16,2 45,9 14
% convoqués / inscrits 72 41,4 42 34,5 17,6 32,7

Dans la troupe constituée par la montre d'armes, la proportion d'arquebusiers ne change guère (près de la moitié de l'effectif), mais celle des simples piétons diminue, et celle des catégories d'élite augmente fortement, jusqu'à doubler. On a ainsi convoqué en moyenne près du tiers de l'effectif total (32,7 %) ou des arquebusiers (34,5 %), mais beaucoup moins de Knechten et près des 3/4 des Schlachtschwerdter, et plus de 40 % des autres : les responsables ont donc fait le choix de combattants plus aguerris.

Qualité des hommes, et qualité des armes : à mesure que l'on descend dans ces catégories, on a remarqué (tableau 1) que les observations pour absence ou insuffisance d'armement se multiplient : sur 36 remarques de type : ein Rüsstung befohlen, "exigé une cuirasse (ou un équipement ?)", sans que soit d'ailleurs précisé un délai ou une amende éventuelle (6), 11 concernent les arquebusiers, 20 la piétaille.

Le registre montre enfin que la troupe est organisée avec sa hiérarchie, dont les différents grades sont indiqués dans l'Index ; elle compte aussi des tambours (Trommenschlager), des fifres (Pfeiffer), des porte-enseignes (Fendereicher, Underfendereicher) – et quelques fonctions particulières: garde du corps, soldat exempt de corvées … (7). Dix hommes seulement disposent d'un cheval – cheval de guerre évidemment, équipé pour le combat (gerüstraiβig Pferdt), parfois en vertu d'anciennes franchises (Freÿheit) :

1 gerüsstraiβig---- Jacob Meilliere 56 järig, ein gerüsstraiβig Pferdt
Pferdt      vonwegen der Baccaillards Freÿheit, paursman
1 cheval ----- Jacob Meilliere, 56 ans, un cheval équipé
équipé      en raison de la franchise de Baccaillard, paysan 8)

Surtout, la liste fournit une documentation exceptionnelle en indiquant 48 fois les antécédents militaires de ces hommes :

Tableau 2 : lieux des campagnes militaires (Zügge), parfois multiples :
Doppelsoldner Musquetschützen Hackhenschützen Blose Knechten
France 5 7 5 3
Pays-Bas 3 4 8 4
Hongrie (Turcs) 3 5 3
Piémont 1 1 1
Lorraine 2 1 2
Alsace 1 1
F-Comté, Bourgogne 1 1
Savoie 2 1
Danemark, Suède 1
autres 4
Total 14 17 26 13

Les notes historiques préciseront ces destinations.

Les parcours les plus remarquables sont ceux de Niclauβ Freria, de Belfort, qui est allé jusqu'en Suède et au Danemark, puis aux Pays-Bas (7),
Niclauβ Freria. 61 järig. Ist in des Königs in Schweden,
auch Dannemarckh Kaÿ: Maÿ: in einnemung Godt,
und herzogen Von Parma in Nider landen dienst
und also 4 Zügg in Krieg gewesen, ist ein Schneyder.
Niclauβ Freria, 61 ans. A été au service du roi en Suède,
et de sa majesté impériale au Danemark lors de la prise de Godt,
et du duc de Parme aux Pays-Bas,
et a fait ainsi 4 campagnes de guerre; est un tailleur.
De Hannβ Marconnat, de Rougegoutte, en France, aux Pays-Bas et en Hongrie,
Hannβ, Jehannereÿ Marconnats Sohn. Ein hellebarth
und 41 järig. Ist in Franckhreich, Niderlanden und
Ungern in Krieg geweβt, ein paursman.
Hannβ, fils de Jehannereÿ Marconnat. Un hallebardier,
41 ans. A été en guerre en France, aux Pays-Bas et en
Hongrie; paysan.
Et encore celui de Cuenin Ottenin, de Novillard, qui, à 36 ans, a déjà accompli 14 ans de campagnes, en France, aux Pays-Bas et en Lorraine.
Cuenin Ottenin, ein hellebarth, 36. järig. Ist in
Franckhreich, Niderlanden, und Lothringen 14 Jahrn,
darunder dreÿ Jahr Corporal, und anderthalb
Jar füerer gewesen. taglöhner.
Cuenin Ottenin, une hallebarde, 36 ans. A été en
France, aux Pays-Bas et en Lorraine pendant 14 ans,
dont trois ans comme caporal, et un an et demi
comme guide. Journalier.
C'est la plus longue durée de notre liste.

Ces lignes, où nous trouvons l'écho de tous les grands conflits du XVI°s (Guerres de religion, guerres en Savoie, en Lorraine, aux Pays-Bas, lutte contre les Turcs), nous permettent aussi d'imaginer nos compatriotes, qui parfois portent déjà notre nom, parcourant à pied une bonne partie de l'Europe, de la Suède au Piémont, du Poitou à la Hongrie …

2. Métiers par ordre alphabétique de la forme allemande


Ces termes sont répertoriés sous l'orthographe qu'ils présentent dans le document. Entre parenthèses est indiqué le nombre de personnes exerçant chaque fonction ou métier; n'ont pas été décomptés les noms rayés (pour lesquels ces indications sont d'ailleurs rares), sauf pour Baretelmacher et mareschal, dont ce sont les seules occurrences.
Balbierer barbier (3) Balbier, Barbierer
Bannerherr bandelier, porte-bannière (1) Bannerträger
Baretelmacher bonnetier (1) Strumpfwarenhändler, Baretkrämer
Beckh(er) boulanger (18) Bäcker
Bichβenschiffter monteur d'armes (1) Waffensammler ?, Waffenmonteur
Bodt huissier, messager (7) Gerichtsvollzieher, Kurier
Brodtbeckher boulanger (5) Bäcker
Bruchschneideropérateur d'hernies (1) Leistenbruchoperator
Büchsenschmidt armurier (1) Büchsenmacher
Corporal caporal (3) Korporal
Deckher couvreur (1) Dachdecker
Doppelsoldner double-solde (227) Doppelsöldner
Fendereicher porte-enseigne (1) Bannerträger, Fähnrich
Fierer, Fuerer transporteur (2) Führer
Fuerman charretier (1) Wagenführer
Gärber tanneur (38) Gerber
Gefreyter soldat exempt de garde (1) Soldat ohne Schutz
Gerichtschreiber greffier de justice (1) Gerichtsschreiber
Glaβer vitrier, verrier (1) Glaser, Glasmacher
Goldtschmidt orfèvre (1) Goldschmied
Grempler fripier (2) Flicker, Trödler
Hackhenschütz arquebusier (597) Arkebusier
Haffner potier (5) Töpfer
Haubtman commandant (2) Kommandant
Hinderseβ (10)ressortissant étranger (1) Ausländer
Hoβenstrickher tricoteur de chausses, chaussetier (9) Schuhknitter
Huetmacher chapelier (4) Hutmacher
Hyrdt berger, vacher (4) Hirte
Isenschmidt forgeron (1) Eisenschmied
Kandtengiesser, Kandtgiesser fondeur d'étain, potier d'étain (3) Zinnschmelze
Käβman fromager (3) Käser
Knecht fantassin sans spécialité (357) Infanterist
Krämer boutiquier, mercier (11) Händler
Küeffer tonnelier (3) Küfer
Küriβ cuirassier (1) Kürassier
Kürβner pelletier (2) Kürschner
Langmeyer grand maire (1) Großbürgermeister
Leybschütz garde du corps (1) Leibwächter
Leütenampt lieutenant (1) Leutnant
Mahler peintre (2) Maler
Mareschal maréchal-ferrant (1) Schmied
Maurer maçon (13) Maurer
Metzger boucher (11) Metzger
Meyer maire (13) Bürgermeister
Miller / Müller meunier (13) Müller
Millerknecht valet de meunerie (1) Mül­ler­bur­sche
Muscatier / Musquetier mousquetaire (2) Musketier
Musquetschütz mousquetaire (174) Musketier
Obrist colonel (3) Oberst
Paursman paysan propriétaire, laboureur (533) Bauer, Landwirt
Pfeiffer ménétrier (9) Spielmann
Sattler sellier (9) Sattler
Sayler / Seyler / Seiller cordier (5) Saitenhalter
Schlosser serrurier(8) Schlosser
Schmidt forgeron (25) Schmied
Schneyder tailleur (42) Schneider
Schreyner menuisier (4) Schreiner
Schueflickher savetier, rapiéceur de chaussures (3)Flickschuster
Schuelmeister maître d'école (1) Schulmeister
Schuemacher cordonnier (31) Schuhmacher
Schuester bottier (3) Schuhmacher
Schuldtheiβ prévôt (1) Propst
Schütz arquebusier (1) Arkebusier
Sergandt sergent (1) Sergeant
Soldat soldat (1) Soldat
Stattportner portier de la ville (1) Stadtportier
Stattschreiber secrétaire de la ville (1) Stadtschreiber
Strawdeckher couvreur en paille (3) Strohdecker
Strawschnytter coupeur de paille pour les toits (3) Strohschneider
Stüber aubergiste (1) Gastwirt
Taglohner journalier (385)Tagelöhner
Träger portefaix (2) Träger
Trommenschlager tambour (8)Trommel, Trommler
Tuechgewerbtman marchand d'étoffes (1) Tuchhändler
Tuechman marchand d'étoffes, drapier (6)Tuchhändler, Tuchmacher
Underfendereicher sous-enseigne (1) Unterfähnrich
Undermeyer sous-maire (2) Vizebürgermeister, Unterbürgermeister
Vogtbailli(1) Gerichtsvollzieher
Vyetriber / Viehtreiber marchand de bestiaux (4) Viehhändler
Wäber tisserand (34)Weber
Wagner charron (13) Stellmacher
Waldtscherer garde des forêts (1) Waldwächter
Waybel adjudant (2) Deckoffizier, Adjutant
Weinzugg transporteur de vin (2) Weinträger
Wiβgärber chamoiseur (1) Sämischgerber
Wullenwäber tisseur de laine (2) Wollweber
Wurtzkrämer marchand d'épices (3) Gewürzhändler
Ziegler tuilier (1) Ziegler
Zimmerman charpentier (9) Schreiner, Tischler, Zimmermann



NOTES

1 Liebelin SBE 1987, n° 11 p. 220
2 Règlement de 1517, art. 71, ibidem p. 208
3 Pégeot SBE 1990, p.313 et n.20
4 Bischoff SBE 1985, p.93
5 Rüsstung (Rüstung): ce terme ambigu semble désigner une cuirasse; ou un équipement (cf. le participe gerüsst, équipé); est-ce la même chose que la "casaque" notée en 1605 (AMB II 3/4) ? Le titre de la p.1, mit ganzer Rüsstung und Schlachtschwerdt prouve en tout cas que Rüsstung ne désigne pas l'ensemble de l'équipement.
6 Pégeot SBE 1990 p. 313
7 Bischoff SBE 1982, p.190
8 vonwegen der Baccaillards Freyheit , et plus bas, vonwegen der Freyheit : ces franchises ne sont pas les mêmes, quoiqu'elles aient sans doute la même origine; elles apparaissent toutes deux dans les "Comptes de Catherine de Bourgogne", en 1424-1426 (Stouff 1907). En 1425, un nommé Baccaillat ou Bataillart lui doit, "pour sa franchise", deux livres de cire ; et pour la même raison, Jean de Botans doit une redevance de onze livres de cire. Ces franchises étaient régulièrement confirmées : le bien de Blanmarchan à Botans est affranchi par l'empereur Sigismond en 1467, par l'empereur Maximilien en 1510 en faveur de Claude Courtot et Pierre de Botans, puis par Ferdinand en 1589 (Stouff 1907, Herbelin 1933). Cette franchise les autorisait à pêcher sur la Douce et à construire un moulin ; elle devait aussi donner droit à un cheval harnaché pour la guerre (gerüsstraiβig Pferdt : avec selle, harnais, protection de chanfrein ?). Ce privilège était transmis aux descendants, comme on le voit ici.
9 Niclauβ Freria a eu la vie la plus extraordinaire : il a été au service du Roi en Suède, lors de la guerre de Sept Ans (1563-1570), puis de l'empereur Ferdinand Ier lors de la prise de Godt (Göteborg) par le Danemark en 1563 ou plus tard, enfin d'Alexandre Farnèse, duc de Parme, aux Pays-Bas en 1578. Cela représenta 4 campagnes (4 ans, dit le registre de 1605, où il est noté comme "mort").
10 hinderseβ ou hindersäβ : ce terme désigne un arrière-sujet, c-à-d. un sujet, franc ou mainmortable, d'un vassal du seigneur qui ne dispose pas de la haute justice (Pégeot 1990, p.312).


BIBLIOGRAPHIE

Voir article Présentation de la montre d'armes de 1604.

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